Samedi 13 janvier 1973
Le samedi après midi, il fallut attendre, pour cause de tournoi des cinq nations France Ecosse 16h35 pour voir l'excellent épisode de « Match contre la vie » : « Amnésie ». Après un accident de ski en Suisse, Paul Bryan (Ben Gazzara) revient à San Francisco comme si de rien n'était, ignorant tout de sa maladie. Il retrouve sa fiancée Kate (Carol Lawrence), sa belle s½ur Molly et son beau frère Alex. Cet épisode aurait pu servir de pilote à la série, lorsque Paul Bryan apprend qu'il est atteint d'un mal incurable. Molly et Alex reviennent au fil des épisodes diffusés dans le désordre : « Le carnaval finit à minuit », « Le crime d'Alex », « Le gros lot », etc...
Sur la Une, l'ennui régnait avec le salon de la navigation de plaisance et l'émission « Loisirs loisirs ».
En soirée, Marcel Amont, invité des Carpentier, fut préféré par mes parents au quatrième épisode des « Thibault ». A la suite fut diffusé « Ni le lieu ni l'heure », l'épisode de « L'homme de fer ». Un souvenir effrayant me reste d'un samedi soir de l'époque sans que j'en situe la date précise. Ce jour là, ma mère était tombée en panne de voiture mais je l'ignorai. Les Carpentier et « L'homme de fer » défilèrent tandis que je l'attendais avec angoisse en compagnie de ma grand-mère. J'ai oublié la date de ce moment de panique et retenu les jours heureux liés à des évènements de la carrière de Muriel Baptiste.
Nous regardions souvent après la série du samedi soir l'émission de Philippe Bouvard qui fut l'objet de fréquentes polémiques.
La 3 proposait ce 13 janvier la pièce de Jacques Borel « Tata ou de l'éducation » et l'émission « réalité fiction » de Jean Frapat.
Le second numéro de « Télé succès » avait dû paraître, traitant toujours des « rois maudits » et de Muriel Baptiste pour son rôle de Marguerite. Malheureusement, cette revue cessa d'exister après le 3e numéro dont la couverture représentait le banquier lombard Tolomeï alias Louis Seigner. Je regrettais beaucoup cette disparition qui me privait de photos et d'articles sur Muriel. Je ne devais pas me ruiner en magazines et livres proposant des photos d'elle par la suite.
Dimanche 14 janvier 1973
Tout ce que j'ai dû voir ce jour là se résume à l'épisode des « Monroe » sur la une à 14h15 intitulé « Sous la menace » et au premier épisode d'un soporifique feuilleton allemand « Les sables volants » à 19h10, même chaîne.
Lundi 15 janvier 1973
Dernier épisode de « Poigne de fer et séduction », (intitulé « Le président ») que l'on laisse partir sans regrets, et second épisode de « Joseph Balsamo » qui n'en finit pas de commencer.
Dans « Poigne de fer et séduction» (« The protectors » en anglais), seul le générique était réussi, alignant des scènes d'action sur une musique rythmée de John Cameron. Sa vedette, Robert Vaughn avait été auparavant Napoléon Solo dans « Agents très spéciaux », série diffusée sur l'ORTF de 1967 à 1969, trente neuf épisodes en trois tranches de treize. Jusqu'en 1976, la télévision fut avare de rediffusions concernant l'agent de l'Uncle, si l'on excepte un épisode proposé dans « la Une est à vous » en novembre 1973. C'est une série très surestimée, malgré la qualité de l'interprétation de Robert Vaughn et de son complice David Mc Callum. Les histoires des deux dernières saisons donnent dans l'absurde et le burlesque à outrance, mais la série était cependant supérieure en qualité à « Poigne de fer et séduction », victime de son format 30 minutes.
En 1973, Tom Jones vint un jour chanter à la télévision le générique de cette série, « avenues and alleways ». Au générique de fin de la série, c'est Tony Christie qui interprétait la chanson et en français (« Dans les rues et dans les avenues »).
C'était le temps de mes quatorze ans, où je croyais naïvement que la bonne santé vous est donnée pour toujours, où j'ignorais tout des tracas financiers, où la vie était insouciante, heureuse, et où le bonheur, la joie de vivre, se résumait à un prénom : Muriel. Le bonheur s'alimentait du manque de réflexion et d'objectivité, de regard sur l'avenir, vivant intensément l'instant présent qui seul comptait.
C'était aussi un temps où il en fallait peu pour me contenter Pas de magnétoscope, de DVD, de CD, tout cela n'existait pas.
Même la télévision était naïve, qui maintenait sept semaines de suite le lundi en « début de soirée », en « prime time » dirait-on aujourd'hui, un navet comme « Joseph Balsamo » sur le seul souvenir du prestige de son interprète principal.
Sur la 2, à la même heure que Balsamo, Jacques Rouland animait « Le défi » avec son frère Jean Paul. A 21h10 (j'étais couché), « Actuel 2 » était présenté par Jean Pierre Elkabbach, et le film « la décharge » de Jacques Baratier (1970) commençait à 22h15, avec Bernadette Lafont et Daniel Duval, la 3 proposait à 20h05 « Le roi de c½ur » de Philippe de Broca avec Geneviève Bujold.
Mardi 16 janvier 1973
Triste soirée avec « La piste aux étoiles » sur la Une, l'émission sur le cirque était en 1973 très fatiguée. Elle avait été un succès pendant les débuts de la télévision, mais les années ne l'avaient pas bonifiée. Son créateur, Gilles Margaritis, étant décédé en 1965 , sa veuve Hélène continuait à la produire tandis que Roger Lanzac était le « Monsieur Loyal ».
La une poursuivait la soirée avec « Pourquoi pas l'exploit ? », magazine du service des sports, qui remplaçait « les coulisses de l'exploit » de Raymond Marcillac, remercié par l'ORTF en 1972 pour une affaire de « publicité clandestine ».
Sur la 2, l'après midi, Pierre Brasseur (partenaire de Muriel dans « Tchao ») était la vedette du film « L'arche de Noé » (1946) – pas vu – et en soirée, « Les dossiers de l'écran » étaient illustrés par un documentaire « Football à Mexico » (pas vu non plus).
« La porteuse de pain » commençait ce soir là sur la 3, chaîne que notre région ne captait pas.
C'était une injustice, car cette chaîne proposait des programmes que l'on ne trouvait pas ailleurs, par exemple la série « témoignages » dont Muriel joua un épisode.
Martine Sarcey succédait dans le rôle de Jeanne Fortier à Suzanne Flon au cinéma.
Le casting est assez inattendu, on y trouve le vétéran Jacques Monod, habitué du petit écran, le fantaisiste Sim qui faisait ses débuts d'acteurs dans un rôle à contre emploi.
Philippe Léotard était au générique mais il n'avait pas la renommée qui fut la sienne par la suite grâce au cinéma, de même que la canadienne Carole Laure qui joue le rôle de sa fille Mary Harmant (Léotard est Jacques Garaud jeune, Monod est Jacques Garaud vieux caché sous le nom de Paul Harmant). Une invraisemblance flagrante de la distribution car Léotard et Monod ne se ressemblaient pas et ils étaient supposés être le même personnage, le méchant de l'histoire, à deux âges de son existence ! Citons encore Laurence Vincendon, (la fille de Jeanne Fortier qui sera deux ans plus tard la vedette de la série « Christine »), et Dadzu dans le rôle du peintre Etienne Castel.
Une grande surprise m'attendait le lendemain pendant « les rois maudits ».
Mercredi 17 janvier 1973
Muriel à la télé ! Pour quelques secondes seulement, lors d'une séquence flash back de « La louve de France » où l'on revoit Muriel rasée dans la scène du « roi de fer » : « Et moi, j'ai eu le printemps ». Un moment de bonheur immense pour l'adolescent que j'étais. L'épisode fit scandale en raison du supplice réservé à Edouard II. Claude Barma fut contraint de venir s'expliquer le lendemain au journal télévisé.
Ce 17 janvier débutait une série policière tropicale « Docteur Caraïbes », avec Louis Velle, sur une musique trépidante de Jacques Arel et un générique de fin chanté par Herbert Léonard. Je n'en ratai pas un épisode en imaginant Muriel en lieu et place de l'actrice Suzanna Leigh qui joue le rôle de Laura.
Je rêvais, je rêvais, toujours et sans fin.
Avec quelques secondes de Muriel dans « La louve de France », j'avais pris des réserves de passion pour des semaines.
Aujourd'hui, cela peut sembler très peu, car on peut se repasser le DVD à l'infini, mais à l'époque, ces secondes étaient précieuses. Elles interviennent après deux épisodes sans Muriel, et de façon tout à fait inattendue, lorsque la reine Isabelle regrette (après une nuit d'amour avec Mortimer joué par Claude Giraud), d'avoir jadis dénoncé Marguerite de Bourgogne.
Jeudi 18 janvier 1973
Ce soir là, la 3 proposait la série « Témoignages ». Il s'agissait de court-métrages de 30 minutes avec des vedettes différentes à chaque épisode. Celui du 18 janvier s'appelait « La consultation » et permettait de voir Claire Maurier (« Quentin Durward ») et Louis Velle. Quelques mois plus tard, ce fut la catastrophe, la 3 était toujours invisible dans ma région et Muriel jouait dans un épisode. Il n'y avait pas de photos d'elle, juste la mention de son nom dans la distribution. Pas moyen de retrouver le titre et la date de diffusion de l'épisode. C'était durant la période où la région Rhône Alpes n'était pas équipée pour recevoir la 3e chaîne. Je ratai ainsi : « Les fleurs succombent en Arcadie » avec Catherine Hubeau, la première série de « Cannon » avec William Conrad et surtout celle de « Hawaii police d'état » avec Jack Lord, « L'hiver d'un gentilhomme » avec Gabriel Cattand, « L'oiseau de nuit » avec Burt Reynolds tous diffusés durant l'année 1973.
Le 9e épisode des « gens de Mogador » fut programé ce jeudi soir là. La saga devenait ennuyeuse.
Pas vu l'épisode « Le gros lot » de « Match contre la vie » étant au collège.
Comme on le devine, j'étais sur un nuage après l'apparition de Muriel la veille.
Vendredi 19 janvier 1973
Aucun souvenir de l'épisode de « Match contre la vie » vu ce vendredi là : « Le pari ». La soirée fut excellente avec le second épisode de « Docteur Caraïbes » et « Columbo » dont le titre de l'histoire était « Accident » (rediffusé de nombreuses fois par la suite).
La une proposait une rétrospective de l'émission « Discorama » avec Denise Glaser, la 2 un « Au théâtre ce soir » intitulé « Lysistrata » avec Claudine Coster, la 3 « Les marionnettes dans la rue », un documentaire, suivi de « La porteuse de pain » et du documentaire « Le mineur » dans la série « Album de famille des français ».
L'essentiel pour moi, n'était pas à la télévision. Les journées au collège se succédaient en compagnie de mon meilleur ami d'enfance à qui je parlais de Muriel Baptiste.
Chez moi, je coupais et collais dans des cahiers que je confectionnais avec des feuilles de papier Canson blanches, format A3 soigneusement repliées en deux et reliées par du scotch l'une à l'autre, tout ce que je pouvais trouver sur Muriel, « Les rois maudits ». Malheureusement, beaucoup de documents ne se sont pas conservés car je décollais et refaisait sans arrêt tout. Je n'étais pas économe car il était facile alors de commander un numéro ancien de « télé poche », combien de timbres ais-je envoyé au « 101 rue Réaumur » !
Mais quelques années plus tard, le magazine télé supprima ce service de vente au numéro.
Samedi 20 janvier 1973
Peu de choses à voir ce samedi. Ce n'est qu'à partir du mois de septembre de la même année que la télévision va se préoccuper du téléspectateur du samedi après midi avec tout d'abord « La Une est à vous » de Guy Lux qui durera trois années. Puis d'autres formules prendront le relais (Denise Fabre, Pierre Douglas et Garcimore présentant « Au plaisir du samedi » sur la une, Michel Lancelot sur la 2 animant dès janvier 1975 « Un jour futur »).
Il convient de dire que dans les années soixante, le samedi après midi était un jour travaillé, même par les écoliers. L'ORTF a cependant mis quelques années pour se mettre au diapason et proposer autre chose que « Le petit conservatoire de la chanson » ou « Loisirs loisirs » et intégrer la notion de « week end » dans sa grille des programmes.
A voir donc « Match contre la vie » vers 15h00 et en fin de soirée « L'homme de fer » avec l'épisode « L'ombre du doute » après un « Top à Claude François. Sur la une, le 5ème épisode des « Thibault » en soirée après « Loisirs Loisirs » dans lequel, à 17h05, on pouvait voir Jean Piat dans un extrait de la pièce « Le tournant », de Françoise Dorin, mais il ne fut pas question des « rois maudits » pour autant.
Jean Piat n'a pas profité du succès de son personnage de Robert d'Artois pour continuer une carrière à la télévision, lui préférant le théâtre. Pourtant, bien davantage que Muriel Baptiste, il récoltait début 1973 les lauriers du fort taux d'audience de la série. On le retrouve au grand écran dans « La rivale » l'année suivante, une comédie de Sergio Gobbi avec Bibi Andersson et Geneviève Fontanel, qui bénéficia d'un peu de promotion à la télé mais fut un échec.
Il ne revient qu'en 1977 sur TF1 dans « Les jeunes filles » de Lazare Iglésis d'après l'ouvre d' Henry de Montherland. Il faut ensuite attendre « L'affaire Saint Romans » sur FR3 en 1988 pour une ultime série à ce jour. Il a réservé son talent pour les planches.
Dimanche 21 janvier 1973
Ennui total avec sur la une « Robinson et le triporteur » à 17h15, ce film avec Darry Cowl fut diffusé plusieurs fois à l'époque de l'ORTF. Le laborieux feuilleton allemand « Les sables volants » était programmé à 19h10.
Il convient de préciser que durant ces années là, mes parents sortaient le dimanche pour se rendre chez des amis ou dans la famille, et que je les suivais.
Je ne ratais rien à la télévision éternellement divisée pour la première chaîne entre les sports vers 14h suivi d'un film vers 17h (généralement un vieux film sans intérêt), et la deuxième qui proposait un vieux film d'aventures en début d'après midi.
Le dimanche 21 janvier illustre mon propos : sur le Une, « Le sport en fête » à 14h30 (avec une partie variétés dont l'invité d'honneur était Serge Reggiani) et à 17h15 « Robinson et le triporteur », tandis que sur la 2, on trouvait à 14h35 « La perle noire » de Richard Thorpe, datant de 1953, avec Robert Taylor et Stewart Granger.
A noter que Jean Piat poursuivait la promotion de la pièce « Le tournant » sur la 2 cette fois, à 12h30, dans l'émission « On en parle » présentée par Jacques Chabannes. Jean Piat était accompagné de l'auteur de la pièce, Françoise Dorin. Après « Loisirs loisirs », la veille, il continuait à présenter « Le tournant ».
Pendant des années, j'ai pensé, en suivant l'actualité de Jean Piat (par exemple ses interviews dans la presse ou à la télévision) qu'il parlerait des « rois maudits » et évoquerait Muriel Baptiste, jusqu'à ce jour de 1990 où il m'a écrit ne plus se souvenir d'elle et ne l'avoir jamais revue après la série de Barma.
Lundi 22 janvier 1973
3e épisode de « Docteur Caraïbes » à 19h30 sur la deux, et rediffusion à 20h15 sur la une du premier des 31 épisodes de « Les habits noirs », un feuilleton déjà vu en octobre 1967. Ensuite, 3e épisode de « Balsamo » au rythme toujours aussi lent.
La rediffusion des « habits noirs » permettra à ce feuilleton de connaître un étonnant succès. Dans la distribution, on retrouve Jean François Calvé, l'un des derniers partenaires de Muriel à la télévision dans « L'affaire Bernardy de Sigoyer ». Cette seconde diffusion fut « sans lendemain » car la série est oubliée depuis, et n'a pas été éditée en vidéo. A noter que « Les habits noirs a été diffusé deux fois à la même case horaire, tout comme un autre feuilleton, « Adieu mes quinze ans » avec Patricia Calas (1971 puis 1974). Le fait est inhabituel car pendant les années 70, le feuilleton du soir, avant ou après le journal télévisé, était inédit.
A l'époque de l'ORTF, il y avait rarement une troisième diffusion, de ce fait, beaucoup de séries après deux passages ne demeuraient que dans la mémoire des téléspectateurs. Ce fut malheureusement le cas pour « La princesse du rail » après deux diffusions, février 1967 et juillet 1972.
Rien d'autre à signaler ce lundi 22 janvier ou la 2 consacrait sa soirée à Maître Floriot, le célèbre avocat, dans l'émission de Jacques Rouland « La vie du bon côté », et la 3 diffusait le film de François Leterrier « Un roi sans divertissement » avec en vedette Claude Giraud (Mortimer dans « Les rois maudits » et le père de Sébastien dans « Sébastien parmi les hommes »).
Mardi 23 janvier 1973
Mes parents ont regardé « Les sans studio » sur la Une, émission des frères ennemis. Côté télé, rien d'autre à signaler, et depuis trente quatre ans, ma mémoire a oublié ce jour comme les autres dans une époque fantastique.
Mercredi 24 janvier 1973
Une page de l'histoire de la télévision se tourne avec le sixième et dernier épisode des « rois maudits » : « Le lis et le lion ». Marguerite de Bourgogne y est évoquée à deux reprises : lorsque l'épouse de Philippe de Valois avoue à ce dernier avoir comploté contre « ce méchant Robert d'Artois qui fit étrangler Marguerite », et lors de la scène finale, l'agonie de Robert où il s'adresse à Lormet : « Non, Marguerite pas elle, elle a souffert Lormet quand tu l'as étouffée ? »
Jeudi 25 janvier 1973
Sur la 2, après un spécial Rika Zaraï de Guy Lux, dixième épisode des « gens de Mogador ». En lisant plus de trente ans après les romans, j'ai découvert que je connaissais tous les lieux décrits, car je n'habite pas très loin de la Provence. En 1973, je ne saisissais pas toutes les subtilités des « Gens de Mogador », les histoires d'adultère, les intrigues sentimentales, j'étais jeune et je trouvais que la série manquait d'action. Il y en a dans « Les rois maudits » ou « La princesse du rail ». « Les gens de Mogador » est une succession de drames et de joies, d'évènements familiaux, mais la série et les romans ont ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient : le manque de rythme est reposant mais parfois ennuyeux. Je n'ai jamais beaucoup aimé Marie France Pisier et toute la partie « Ludivine » m'a moins plu que le reste.
Ce 25 janvier 1973, la Une proposait une « Soirée allemande » avec le film de Schloendorff « La soudaine richesse des pauvres gens de Kombach », un film d'art et d'essai qui passe parfois dans les ciné clubs. La 3 proposait « La porteuse de pain » et le magazine « 52 ».
Vers cette époque, j'achète le 45 tours de la bande originale de « Docteur Caraïbes » face A instrumental de Jack Arel et face B « Sous le ciel de feu » chanté par Herbert Léonard. Allez savoir pourquoi, cette musique là me fit souvent penser à Muriel Baptiste.
Vendredi 26 janvier 1973
Un excellent « Columbo », « Poids mort », avec Suzanne Pleshette, vue dans « Les envahisseurs » en 1969 (épisode « La mutation », très émouvant, relatant une histoire d'amour entre David Vincent et une extra terrestre) et que je retrouverai quelques années plus tard à la télé lors d'une diffusion du fameux « Les oiseaux » d'Hitchcock. Après « Columbo », la première chaîne proposait une émission médicale sur la toxicomanie avec le professeur Olivenstein.
Sur la 2, programme inhabituel, un western « Les compagnons de la gloire » d'Arnold Laven, avec Tom Tryon, suivi de l'émission littéraire « Italiques ».
La 3 a diffusé le neuvième épisode de « La porteuse de pain » et ensuite a raté une belle occasion de parler de Muriel Baptiste avec une soirée « Colette » pour le centenaire de sa naissance célébré deux jours plus tard le 28 janvier 1973. Pas de mention de la version 1964 de « Gigi » qui révéla Muriel. Dans cette émission participaient les comédiens suivants : Nathalie Nerval, Elisabeth Meaulne, Martine Couture, Daniel Soukhotine, Yves Lartigue, Pierre Boutron, Guy Shelley. Je savais depuis le reportage de juillet 1972 de Télé Poche sur Muriel qu'elle avait joué dans « Gigi ». Et chaque fois qu'une émission est consacrée à Colette, même aujourd'hui, je jette un ½il, mais là en l'occurrence, c'était sur la 3e chaîne à l'époque où ma région, le Dauphiné, ne la captait pas. Alors, pas de regrets.
Samedi 27 janvier 1973
Rien à l'horizon à part « Match contre la vie » et « L'homme de fer ». L'épisode « Le sergent mène l'enquête » a été rediffusé depuis, notamment sur TMC.
Dimanche 28 janvier 1973
« Le sport en fête » de Michel Drucker accueille Jean Marais, qui parle de « Balsamo » et du tournage de « Karatékas and co ». « Les Monroe » à 17h15 (épisode « Le cougar ») et le dernier épisode des « sables volants » à 19h15, constituent un dimanche ennuyeux qui précède un mercredi 31 janvier où Télé Poche me réserve une immense surprise.
Lundi 29 janvier 1973
« Docteur Caraïbes », « Les habits noirs », « Balsamo »
Mardi 30 janvier 1973
« Les sans studio », autrement dit rien à regarder.
Mercredi 31 janvier 1973
Je tiens tout tremblant Télé Poche dans mes mains. Muriel Baptiste est en couverture en page 2, une photo en couleurs, elle joue dimanche dans le film « Les risques du métier ». Il sera difficile d'attendre jusque là. Par chance, c'est le film de la Une, que mes parents regardent en général.
La photo vient d'être prise, c'est une Muriel de 1973, pas une photo tirée du film avec Brel. Muriel sourit, elle a un peu vieilli par rapport aux « Rois maudits ». Elle sourit à la vie, à son public, mais une fois de plus n'a pas donné d'interview. Ce devait être une femme très secrète et réservée.
A l'époque, tout cela me semble naturel, il ne me vient pas à l'esprit une seconde que tout va s'arrêter. Nous sommes plus d'un mois après la diffusion de « La reine étranglée » et je n'ai qu'elle en tête. Je regarde ce jour là distraitement « Docteur Caraïbes » et « Les habits noirs ».
Gilles Béhat, alias Charles de la Marche, est sur la 2 dans une rediffusion d'un téléfilm de 1970, « L'hercule sur la place ». Mais je n'ai pas regardé.