Où l'on retrouve Muriel dans une chanson de Dave

Où l'on retrouve Muriel dans une chanson de Dave
Voici à travers une analyse paroles et musique de la chanson « Du côté de chez Swann », ma vision personnelle de ce succès de Dave.
Dès les premières notes, la chanson me plonge dans la nostalgie. La musique, à la différence de « Pas un jour ne passe » (2006), est ici élaborée de telle façon qu'elle apporte un plus au texte.
On pourrait imaginer une version instrumentale de « Swann », pas de « Pas un jour ne passe » de l'album « Tout le plaisir a été pour moi » qui ressemble par certains côtés à Swann.

Mais l'émotion que procure l'intro musicale de « Swann » ne se retrouve pas avec une orchestration modernisée. L'enregistrement 2000 sur l'album Meys 74 485-2 « Dansez Maintenant » ne me procure pas ce pincement au c½ur que donne la version 1975 de CBS.

Lorsque le texte commence, il y a ces mots : « On oublie », ils évoquent à la fois comme un reproche d'avoir négligé quelque chose du passé, mais également la fatalité du temps qui passe « Hier est loin si loin d'aujourd'hui ».

Ensuite, Dave est comme chacun de nous, il pense à son adolescence perdue. Ce qu'il dit devient plus général Il peut concerner beaucoup de gens.

Mais il m'arrive souvent de rêver encore
A l'adolescent que je ne suis plus


Dans la suite du texte, il évoque l'âge de seize ans, à ce moment précis, je me sens moins concerné, tout d'abord parce que je n'ai pas la nostalgie de mes seize ans, J'ai celle de mes treize ans.

On sourit, en revoyant sur les photos jaunies
L'air un peu trop sûr de soit,
Que l'on prend à 16 ans
Et que l'on fait de son mieux
Pour paraître plus vieux



L'émotion diminue après ces mots, puisqu'il parle d'un autre. Je ne reconnais plus à ce moment précis mon histoire personnelle dans le texte.


J'irais bien refaire un tour du côté de chez Swann
Revoir mon premier amour
Qui me donnait rendez-vous sous le chêne
Et se laissait embrasser sur la joue



Mon premier amour ne me donnait pas rendez vous sous le chêne, c'était une actrice de télévision qui n'a jamais su que j'existais. C'était celle à qui se blog est dédié.


Je ne voudrais pas refaire le chemin à l'envers

A la différence de Dave, moi si !

Et pourtant je payerais cher
Pour revire un seul instant le temps du bonheur



Cette fois, je me retrouve dans ces vers. Le rythme joyeux du refrain a pourtant cassé la tristesse de la musique de l'intro.



A l'ombre d'une fille en fleur

Ce qui est frappant dans cette chanson, c'est que le texte ne cesse de se rapprocher puis de s'éloigner de mon histoire personnelle. « Une fille en fleur » n'évoque rien à ma mémoire. Les chanteurs s'adressent à l'inconscient collectif, on y retrouve des parts de soi, mais pas tout.
Et puis la musique et le texte viennent me prendre aux tripes, si l'on enlève les mots « parfum » et « matin », tout le reste, qui a été écrit par Patrick Loiseau, me concerne à 100%.



On oublie et puis un jour il suffit d'un parfum
Pour qu'on retrouve soudain
La magie d'un matin et l'on oublie l'avenir
Pour quelques souvenirs



C'est sans doute pour ce dernier couplet que je suis capable d'écouter la chanson en boucle. J'oublie l'avenir pour quelques souvenirs.

Une autre chanson, de Francis Lalanne celle-là, « On se retrouvera » du film de René Manzor « Le passage », provoque chez moi la même émotion que celle de Dave. Mais cette chanson là, chacun peut y déceler un message de l'au-delà. Chacun peut mettre derrière ces mots un nom, de quelqu'un qui s'adresse à vous.

Pense à moi comme je t'aime rien ne nous séparera
Même pas les chrysanthèmes tu verras on se retrouvera

N'oublie pas ce que je t'ai dit l'amour est plus fort que tout
Ni l'enfer ni le paradis ne se mettront entre nous
Et si la mort me programme sur son grand ordinateur
Elle ne prendra que mon âme mais elle n'aura pas mon c½ur
Pense a moi comme je t'aime et tu me délivreras
Tu briseras l'anathème qui me tient loin de tes bras
Pense à moi comme je t'aime rien ne nous séparera
Même pas les chrysanthèmes tu verras on se retrouvera
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# Posté le dimanche 28 janvier 2007 10:14

Programmes de janvier 1973 suite et fin (et retour de Muriel)

Programmes de janvier 1973 suite et fin (et retour de Muriel)
Samedi 13 janvier 1973

Le samedi après midi, il fallut attendre, pour cause de tournoi des cinq nations France Ecosse 16h35 pour voir l'excellent épisode de « Match contre la vie » : « Amnésie ». Après un accident de ski en Suisse, Paul Bryan (Ben Gazzara) revient à San Francisco comme si de rien n'était, ignorant tout de sa maladie. Il retrouve sa fiancée Kate (Carol Lawrence), sa belle s½ur Molly et son beau frère Alex. Cet épisode aurait pu servir de pilote à la série, lorsque Paul Bryan apprend qu'il est atteint d'un mal incurable. Molly et Alex reviennent au fil des épisodes diffusés dans le désordre : « Le carnaval finit à minuit », « Le crime d'Alex », « Le gros lot », etc...
Sur la Une, l'ennui régnait avec le salon de la navigation de plaisance et l'émission « Loisirs loisirs ».
En soirée, Marcel Amont, invité des Carpentier, fut préféré par mes parents au quatrième épisode des « Thibault ». A la suite fut diffusé « Ni le lieu ni l'heure », l'épisode de « L'homme de fer ». Un souvenir effrayant me reste d'un samedi soir de l'époque sans que j'en situe la date précise. Ce jour là, ma mère était tombée en panne de voiture mais je l'ignorai. Les Carpentier et « L'homme de fer » défilèrent tandis que je l'attendais avec angoisse en compagnie de ma grand-mère. J'ai oublié la date de ce moment de panique et retenu les jours heureux liés à des évènements de la carrière de Muriel Baptiste.
Nous regardions souvent après la série du samedi soir l'émission de Philippe Bouvard qui fut l'objet de fréquentes polémiques.
La 3 proposait ce 13 janvier la pièce de Jacques Borel « Tata ou de l'éducation » et l'émission « réalité fiction » de Jean Frapat.
Le second numéro de « Télé succès » avait dû paraître, traitant toujours des « rois maudits » et de Muriel Baptiste pour son rôle de Marguerite. Malheureusement, cette revue cessa d'exister après le 3e numéro dont la couverture représentait le banquier lombard Tolomeï alias Louis Seigner. Je regrettais beaucoup cette disparition qui me privait de photos et d'articles sur Muriel. Je ne devais pas me ruiner en magazines et livres proposant des photos d'elle par la suite.

Dimanche 14 janvier 1973

Tout ce que j'ai dû voir ce jour là se résume à l'épisode des « Monroe » sur la une à 14h15 intitulé « Sous la menace » et au premier épisode d'un soporifique feuilleton allemand « Les sables volants » à 19h10, même chaîne.

Lundi 15 janvier 1973

Dernier épisode de « Poigne de fer et séduction », (intitulé « Le président ») que l'on laisse partir sans regrets, et second épisode de « Joseph Balsamo » qui n'en finit pas de commencer.
Dans « Poigne de fer et séduction» (« The protectors » en anglais), seul le générique était réussi, alignant des scènes d'action sur une musique rythmée de John Cameron. Sa vedette, Robert Vaughn avait été auparavant Napoléon Solo dans « Agents très spéciaux », série diffusée sur l'ORTF de 1967 à 1969, trente neuf épisodes en trois tranches de treize. Jusqu'en 1976, la télévision fut avare de rediffusions concernant l'agent de l'Uncle, si l'on excepte un épisode proposé dans « la Une est à vous » en novembre 1973. C'est une série très surestimée, malgré la qualité de l'interprétation de Robert Vaughn et de son complice David Mc Callum. Les histoires des deux dernières saisons donnent dans l'absurde et le burlesque à outrance, mais la série était cependant supérieure en qualité à « Poigne de fer et séduction », victime de son format 30 minutes.
En 1973, Tom Jones vint un jour chanter à la télévision le générique de cette série, « avenues and alleways ». Au générique de fin de la série, c'est Tony Christie qui interprétait la chanson et en français (« Dans les rues et dans les avenues »).
C'était le temps de mes quatorze ans, où je croyais naïvement que la bonne santé vous est donnée pour toujours, où j'ignorais tout des tracas financiers, où la vie était insouciante, heureuse, et où le bonheur, la joie de vivre, se résumait à un prénom : Muriel. Le bonheur s'alimentait du manque de réflexion et d'objectivité, de regard sur l'avenir, vivant intensément l'instant présent qui seul comptait.
C'était aussi un temps où il en fallait peu pour me contenter Pas de magnétoscope, de DVD, de CD, tout cela n'existait pas.
Même la télévision était naïve, qui maintenait sept semaines de suite le lundi en « début de soirée », en « prime time » dirait-on aujourd'hui, un navet comme « Joseph Balsamo » sur le seul souvenir du prestige de son interprète principal.
Sur la 2, à la même heure que Balsamo, Jacques Rouland animait « Le défi » avec son frère Jean Paul. A 21h10 (j'étais couché), « Actuel 2 » était présenté par Jean Pierre Elkabbach, et le film « la décharge » de Jacques Baratier (1970) commençait à 22h15, avec Bernadette Lafont et Daniel Duval, la 3 proposait à 20h05 « Le roi de c½ur » de Philippe de Broca avec Geneviève Bujold.


Mardi 16 janvier 1973

Triste soirée avec « La piste aux étoiles » sur la Une, l'émission sur le cirque était en 1973 très fatiguée. Elle avait été un succès pendant les débuts de la télévision, mais les années ne l'avaient pas bonifiée. Son créateur, Gilles Margaritis, étant décédé en 1965 , sa veuve Hélène continuait à la produire tandis que Roger Lanzac était le « Monsieur Loyal ».

La une poursuivait la soirée avec « Pourquoi pas l'exploit ? », magazine du service des sports, qui remplaçait « les coulisses de l'exploit » de Raymond Marcillac, remercié par l'ORTF en 1972 pour une affaire de « publicité clandestine ».

Sur la 2, l'après midi, Pierre Brasseur (partenaire de Muriel dans « Tchao ») était la vedette du film « L'arche de Noé » (1946) – pas vu – et en soirée, « Les dossiers de l'écran » étaient illustrés par un documentaire « Football à Mexico » (pas vu non plus).

« La porteuse de pain » commençait ce soir là sur la 3, chaîne que notre région ne captait pas.
C'était une injustice, car cette chaîne proposait des programmes que l'on ne trouvait pas ailleurs, par exemple la série « témoignages » dont Muriel joua un épisode.

Martine Sarcey succédait dans le rôle de Jeanne Fortier à Suzanne Flon au cinéma.

Le casting est assez inattendu, on y trouve le vétéran Jacques Monod, habitué du petit écran, le fantaisiste Sim qui faisait ses débuts d'acteurs dans un rôle à contre emploi.
Philippe Léotard était au générique mais il n'avait pas la renommée qui fut la sienne par la suite grâce au cinéma, de même que la canadienne Carole Laure qui joue le rôle de sa fille Mary Harmant (Léotard est Jacques Garaud jeune, Monod est Jacques Garaud vieux caché sous le nom de Paul Harmant). Une invraisemblance flagrante de la distribution car Léotard et Monod ne se ressemblaient pas et ils étaient supposés être le même personnage, le méchant de l'histoire, à deux âges de son existence ! Citons encore Laurence Vincendon, (la fille de Jeanne Fortier qui sera deux ans plus tard la vedette de la série « Christine »), et Dadzu dans le rôle du peintre Etienne Castel.

Une grande surprise m'attendait le lendemain pendant « les rois maudits ».


Mercredi 17 janvier 1973

Muriel à la télé ! Pour quelques secondes seulement, lors d'une séquence flash back de « La louve de France » où l'on revoit Muriel rasée dans la scène du « roi de fer » : « Et moi, j'ai eu le printemps ». Un moment de bonheur immense pour l'adolescent que j'étais. L'épisode fit scandale en raison du supplice réservé à Edouard II. Claude Barma fut contraint de venir s'expliquer le lendemain au journal télévisé.
Ce 17 janvier débutait une série policière tropicale « Docteur Caraïbes », avec Louis Velle, sur une musique trépidante de Jacques Arel et un générique de fin chanté par Herbert Léonard. Je n'en ratai pas un épisode en imaginant Muriel en lieu et place de l'actrice Suzanna Leigh qui joue le rôle de Laura.
Je rêvais, je rêvais, toujours et sans fin.
Avec quelques secondes de Muriel dans « La louve de France », j'avais pris des réserves de passion pour des semaines.
Aujourd'hui, cela peut sembler très peu, car on peut se repasser le DVD à l'infini, mais à l'époque, ces secondes étaient précieuses. Elles interviennent après deux épisodes sans Muriel, et de façon tout à fait inattendue, lorsque la reine Isabelle regrette (après une nuit d'amour avec Mortimer joué par Claude Giraud), d'avoir jadis dénoncé Marguerite de Bourgogne.

Jeudi 18 janvier 1973

Ce soir là, la 3 proposait la série « Témoignages ». Il s'agissait de court-métrages de 30 minutes avec des vedettes différentes à chaque épisode. Celui du 18 janvier s'appelait « La consultation » et permettait de voir Claire Maurier (« Quentin Durward ») et Louis Velle. Quelques mois plus tard, ce fut la catastrophe, la 3 était toujours invisible dans ma région et Muriel jouait dans un épisode. Il n'y avait pas de photos d'elle, juste la mention de son nom dans la distribution. Pas moyen de retrouver le titre et la date de diffusion de l'épisode. C'était durant la période où la région Rhône Alpes n'était pas équipée pour recevoir la 3e chaîne. Je ratai ainsi : « Les fleurs succombent en Arcadie » avec Catherine Hubeau, la première série de « Cannon » avec William Conrad et surtout celle de « Hawaii police d'état » avec Jack Lord, « L'hiver d'un gentilhomme » avec Gabriel Cattand, « L'oiseau de nuit » avec Burt Reynolds tous diffusés durant l'année 1973.

Le 9e épisode des « gens de Mogador » fut programé ce jeudi soir là. La saga devenait ennuyeuse.
Pas vu l'épisode « Le gros lot » de « Match contre la vie » étant au collège.
Comme on le devine, j'étais sur un nuage après l'apparition de Muriel la veille.

Vendredi 19 janvier 1973

Aucun souvenir de l'épisode de « Match contre la vie » vu ce vendredi là : « Le pari ». La soirée fut excellente avec le second épisode de « Docteur Caraïbes » et « Columbo » dont le titre de l'histoire était « Accident » (rediffusé de nombreuses fois par la suite).
La une proposait une rétrospective de l'émission « Discorama » avec Denise Glaser, la 2 un « Au théâtre ce soir » intitulé « Lysistrata » avec Claudine Coster, la 3 « Les marionnettes dans la rue », un documentaire, suivi de « La porteuse de pain » et du documentaire « Le mineur » dans la série « Album de famille des français ».
L'essentiel pour moi, n'était pas à la télévision. Les journées au collège se succédaient en compagnie de mon meilleur ami d'enfance à qui je parlais de Muriel Baptiste.
Chez moi, je coupais et collais dans des cahiers que je confectionnais avec des feuilles de papier Canson blanches, format A3 soigneusement repliées en deux et reliées par du scotch l'une à l'autre, tout ce que je pouvais trouver sur Muriel, « Les rois maudits ». Malheureusement, beaucoup de documents ne se sont pas conservés car je décollais et refaisait sans arrêt tout. Je n'étais pas économe car il était facile alors de commander un numéro ancien de « télé poche », combien de timbres ais-je envoyé au « 101 rue Réaumur » !
Mais quelques années plus tard, le magazine télé supprima ce service de vente au numéro.


Samedi 20 janvier 1973

Peu de choses à voir ce samedi. Ce n'est qu'à partir du mois de septembre de la même année que la télévision va se préoccuper du téléspectateur du samedi après midi avec tout d'abord « La Une est à vous » de Guy Lux qui durera trois années. Puis d'autres formules prendront le relais (Denise Fabre, Pierre Douglas et Garcimore présentant « Au plaisir du samedi » sur la une, Michel Lancelot sur la 2 animant dès janvier 1975 « Un jour futur »).
Il convient de dire que dans les années soixante, le samedi après midi était un jour travaillé, même par les écoliers. L'ORTF a cependant mis quelques années pour se mettre au diapason et proposer autre chose que « Le petit conservatoire de la chanson » ou « Loisirs loisirs » et intégrer la notion de « week end » dans sa grille des programmes.
A voir donc « Match contre la vie » vers 15h00 et en fin de soirée « L'homme de fer » avec l'épisode « L'ombre du doute » après un « Top à Claude François. Sur la une, le 5ème épisode des « Thibault » en soirée après « Loisirs Loisirs » dans lequel, à 17h05, on pouvait voir Jean Piat dans un extrait de la pièce « Le tournant », de Françoise Dorin, mais il ne fut pas question des « rois maudits » pour autant.
Jean Piat n'a pas profité du succès de son personnage de Robert d'Artois pour continuer une carrière à la télévision, lui préférant le théâtre. Pourtant, bien davantage que Muriel Baptiste, il récoltait début 1973 les lauriers du fort taux d'audience de la série. On le retrouve au grand écran dans « La rivale » l'année suivante, une comédie de Sergio Gobbi avec Bibi Andersson et Geneviève Fontanel, qui bénéficia d'un peu de promotion à la télé mais fut un échec.
Il ne revient qu'en 1977 sur TF1 dans « Les jeunes filles » de Lazare Iglésis d'après l'ouvre d' Henry de Montherland. Il faut ensuite attendre « L'affaire Saint Romans » sur FR3 en 1988 pour une ultime série à ce jour. Il a réservé son talent pour les planches.





Dimanche 21 janvier 1973

Ennui total avec sur la une « Robinson et le triporteur » à 17h15, ce film avec Darry Cowl fut diffusé plusieurs fois à l'époque de l'ORTF. Le laborieux feuilleton allemand « Les sables volants » était programmé à 19h10.
Il convient de préciser que durant ces années là, mes parents sortaient le dimanche pour se rendre chez des amis ou dans la famille, et que je les suivais.
Je ne ratais rien à la télévision éternellement divisée pour la première chaîne entre les sports vers 14h suivi d'un film vers 17h (généralement un vieux film sans intérêt), et la deuxième qui proposait un vieux film d'aventures en début d'après midi.
Le dimanche 21 janvier illustre mon propos : sur le Une, « Le sport en fête » à 14h30 (avec une partie variétés dont l'invité d'honneur était Serge Reggiani) et à 17h15 « Robinson et le triporteur », tandis que sur la 2, on trouvait à 14h35 « La perle noire » de Richard Thorpe, datant de 1953, avec Robert Taylor et Stewart Granger.
A noter que Jean Piat poursuivait la promotion de la pièce « Le tournant » sur la 2 cette fois, à 12h30, dans l'émission « On en parle » présentée par Jacques Chabannes. Jean Piat était accompagné de l'auteur de la pièce, Françoise Dorin. Après « Loisirs loisirs », la veille, il continuait à présenter « Le tournant ».
Pendant des années, j'ai pensé, en suivant l'actualité de Jean Piat (par exemple ses interviews dans la presse ou à la télévision) qu'il parlerait des « rois maudits » et évoquerait Muriel Baptiste, jusqu'à ce jour de 1990 où il m'a écrit ne plus se souvenir d'elle et ne l'avoir jamais revue après la série de Barma.



Lundi 22 janvier 1973

3e épisode de « Docteur Caraïbes » à 19h30 sur la deux, et rediffusion à 20h15 sur la une du premier des 31 épisodes de « Les habits noirs », un feuilleton déjà vu en octobre 1967. Ensuite, 3e épisode de « Balsamo » au rythme toujours aussi lent.
La rediffusion des « habits noirs » permettra à ce feuilleton de connaître un étonnant succès. Dans la distribution, on retrouve Jean François Calvé, l'un des derniers partenaires de Muriel à la télévision dans « L'affaire Bernardy de Sigoyer ». Cette seconde diffusion fut « sans lendemain » car la série est oubliée depuis, et n'a pas été éditée en vidéo. A noter que « Les habits noirs a été diffusé deux fois à la même case horaire, tout comme un autre feuilleton, « Adieu mes quinze ans » avec Patricia Calas (1971 puis 1974). Le fait est inhabituel car pendant les années 70, le feuilleton du soir, avant ou après le journal télévisé, était inédit.
A l'époque de l'ORTF, il y avait rarement une troisième diffusion, de ce fait, beaucoup de séries après deux passages ne demeuraient que dans la mémoire des téléspectateurs. Ce fut malheureusement le cas pour « La princesse du rail » après deux diffusions, février 1967 et juillet 1972.
Rien d'autre à signaler ce lundi 22 janvier ou la 2 consacrait sa soirée à Maître Floriot, le célèbre avocat, dans l'émission de Jacques Rouland « La vie du bon côté », et la 3 diffusait le film de François Leterrier « Un roi sans divertissement » avec en vedette Claude Giraud (Mortimer dans « Les rois maudits » et le père de Sébastien dans « Sébastien parmi les hommes »).


Mardi 23 janvier 1973

Mes parents ont regardé « Les sans studio » sur la Une, émission des frères ennemis. Côté télé, rien d'autre à signaler, et depuis trente quatre ans, ma mémoire a oublié ce jour comme les autres dans une époque fantastique.

Mercredi 24 janvier 1973

Une page de l'histoire de la télévision se tourne avec le sixième et dernier épisode des « rois maudits » : « Le lis et le lion ». Marguerite de Bourgogne y est évoquée à deux reprises : lorsque l'épouse de Philippe de Valois avoue à ce dernier avoir comploté contre « ce méchant Robert d'Artois qui fit étrangler Marguerite », et lors de la scène finale, l'agonie de Robert où il s'adresse à Lormet : « Non, Marguerite pas elle, elle a souffert Lormet quand tu l'as étouffée ? »

Jeudi 25 janvier 1973

Sur la 2, après un spécial Rika Zaraï de Guy Lux, dixième épisode des « gens de Mogador ». En lisant plus de trente ans après les romans, j'ai découvert que je connaissais tous les lieux décrits, car je n'habite pas très loin de la Provence. En 1973, je ne saisissais pas toutes les subtilités des « Gens de Mogador », les histoires d'adultère, les intrigues sentimentales, j'étais jeune et je trouvais que la série manquait d'action. Il y en a dans « Les rois maudits » ou « La princesse du rail ». « Les gens de Mogador » est une succession de drames et de joies, d'évènements familiaux, mais la série et les romans ont ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient : le manque de rythme est reposant mais parfois ennuyeux. Je n'ai jamais beaucoup aimé Marie France Pisier et toute la partie « Ludivine » m'a moins plu que le reste.

Ce 25 janvier 1973, la Une proposait une « Soirée allemande » avec le film de Schloendorff « La soudaine richesse des pauvres gens de Kombach », un film d'art et d'essai qui passe parfois dans les ciné clubs. La 3 proposait « La porteuse de pain » et le magazine « 52 ».
Vers cette époque, j'achète le 45 tours de la bande originale de « Docteur Caraïbes » face A instrumental de Jack Arel et face B « Sous le ciel de feu » chanté par Herbert Léonard. Allez savoir pourquoi, cette musique là me fit souvent penser à Muriel Baptiste.



Vendredi 26 janvier 1973

Un excellent « Columbo », « Poids mort », avec Suzanne Pleshette, vue dans « Les envahisseurs » en 1969 (épisode « La mutation », très émouvant, relatant une histoire d'amour entre David Vincent et une extra terrestre) et que je retrouverai quelques années plus tard à la télé lors d'une diffusion du fameux « Les oiseaux » d'Hitchcock. Après « Columbo », la première chaîne proposait une émission médicale sur la toxicomanie avec le professeur Olivenstein.
Sur la 2, programme inhabituel, un western « Les compagnons de la gloire » d'Arnold Laven, avec Tom Tryon, suivi de l'émission littéraire « Italiques ».

La 3 a diffusé le neuvième épisode de « La porteuse de pain » et ensuite a raté une belle occasion de parler de Muriel Baptiste avec une soirée « Colette » pour le centenaire de sa naissance célébré deux jours plus tard le 28 janvier 1973. Pas de mention de la version 1964 de « Gigi » qui révéla Muriel. Dans cette émission participaient les comédiens suivants : Nathalie Nerval, Elisabeth Meaulne, Martine Couture, Daniel Soukhotine, Yves Lartigue, Pierre Boutron, Guy Shelley. Je savais depuis le reportage de juillet 1972 de Télé Poche sur Muriel qu'elle avait joué dans « Gigi ». Et chaque fois qu'une émission est consacrée à Colette, même aujourd'hui, je jette un ½il, mais là en l'occurrence, c'était sur la 3e chaîne à l'époque où ma région, le Dauphiné, ne la captait pas. Alors, pas de regrets.


Samedi 27 janvier 1973

Rien à l'horizon à part « Match contre la vie » et « L'homme de fer ». L'épisode « Le sergent mène l'enquête » a été rediffusé depuis, notamment sur TMC.

Dimanche 28 janvier 1973

« Le sport en fête » de Michel Drucker accueille Jean Marais, qui parle de « Balsamo » et du tournage de « Karatékas and co ». « Les Monroe » à 17h15 (épisode « Le cougar ») et le dernier épisode des « sables volants » à 19h15, constituent un dimanche ennuyeux qui précède un mercredi 31 janvier où Télé Poche me réserve une immense surprise.

Lundi 29 janvier 1973

« Docteur Caraïbes », « Les habits noirs », « Balsamo »

Mardi 30 janvier 1973

« Les sans studio », autrement dit rien à regarder.

Mercredi 31 janvier 1973

Je tiens tout tremblant Télé Poche dans mes mains. Muriel Baptiste est en couverture en page 2, une photo en couleurs, elle joue dimanche dans le film « Les risques du métier ». Il sera difficile d'attendre jusque là. Par chance, c'est le film de la Une, que mes parents regardent en général.
La photo vient d'être prise, c'est une Muriel de 1973, pas une photo tirée du film avec Brel. Muriel sourit, elle a un peu vieilli par rapport aux « Rois maudits ». Elle sourit à la vie, à son public, mais une fois de plus n'a pas donné d'interview. Ce devait être une femme très secrète et réservée.
A l'époque, tout cela me semble naturel, il ne me vient pas à l'esprit une seconde que tout va s'arrêter. Nous sommes plus d'un mois après la diffusion de « La reine étranglée » et je n'ai qu'elle en tête. Je regarde ce jour là distraitement « Docteur Caraïbes » et « Les habits noirs ».
Gilles Béhat, alias Charles de la Marche, est sur la 2 dans une rediffusion d'un téléfilm de 1970, « L'hercule sur la place ». Mais je n'ai pas regardé.
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# Posté le dimanche 21 janvier 2007 05:05

Muriel Baptiste a joué avec des acteurs devenus célèbres par la suite

Muriel Baptiste a joué avec des acteurs devenus célèbres par la suite
Dans "les dernières volontés de Richard Lagrange", tourné en Suisse en 1971, diffusé en France en Juillet 1972, Muriel a pour partenaire Jean Luc Bideau, inconnu à l'époque.
Il est devenu célèbre au cinéma dans les années 80 avec le film "Et la tendresse bordel"
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# Posté le samedi 20 janvier 2007 08:40

L'attente du dimanche 4 février 1973

L'attente du dimanche 4 février 1973
Dimanche 4 février 1973, Muriel Baptiste est dans « Les risques du métier » que diffuse la première chaîne le dimanche soir. Je sais la chose depuis seulement quelques jours (Télé Poche paraissait en l'occurrence le 31 janvier). Une Muriel resplendissante est en photo couleurs en deuxième page et va rejoindre mes cahiers. C'est la première fois que je la revois depuis janvier (brève séquence dans l'épisode "La louve de France" des "Rois Maudits", lorsque Isabelle de France se rappelle de Marguerite). Un mois de janvier où chaque minute, j'ai pensé à Muriel. Ce passage télé des "risques du métier" est donc pour moi un évènement. A l'époque, peu de bons programmes à se mettre sous la dent: "Columbo" le vendredi soir, "Match contre la vie" dont je vois 2 épisodes sur 3 pour cause d'emploi du temps scolaire, "Les gens de Mogador" pas mal mais sans plus, "Docteur Caraibes" avec Louis Velle, excellente série qui est programmée chaque soir. Par contre "Balsamo" avec Jean Marais qui promettait d'être passionnant (genre cape et d'épées) est raté.

Le samedi après midi, "Loisirs, loisirs" (Pouah!). Seul "Match contre la vie" sur la 2 est à voir. Le samedi soir, après le Top des Carpentier, dédié à Aznavour, c'est "L'homme de fer", 3e série ORTF, en fait des épisodes toujours piochés dans la première saison 1966 américaine. Et puis c'est "Samedi soir", avec Bouvard, le Fogiel ou Ardisson de l'époque.
Le dimanche, l'attente grandit encore: mes parents ne savent pas à quel point j'attends le film du soir ni surtout pourquoi. Rien de bien exaltant à voir: "Le luron du dimanche" avec Thierry Le Luron, "Le sport en fête" de Drucker (bof), l'éternel vieux film vers 17h sur la une, la deux n'est pas mieux servie avec un film de "Lassie". A 19h10, "Le jeune Fabre" commence, une série que j'ai assez aimée mais dont je raterai le 13eme et dernier épisode. Et puis arrive 20h40 et le film commence. Il faut attendre un long moment avant que Muriel Baptiste intervienne dans le film, mais là, quel paradis, même si la séquence est trop courte. A partir de fin mars, ce sera Muriel tous les soirs dans "Le premier juré", mais cette soirée là est déjà merveilleuse. A cette époque, Annunciata s'éclipse un peu au profit de Marguerite de Bourgogne dans mon esprit. C'est Muriel/Marguerite que je retrouve à la télé, d'ailleurs la photo de Télé Poche est difficile à rapprocher de la brune bohémienne aux cheveux longs de "La princesse du rail".
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# Posté le vendredi 19 janvier 2007 17:17

Vendredi 16 mars 1973

Vendredi 16 mars 1973
Le vendredi 16 mars 1973 fut peut être le jour le plus mémorable de ces années d'adolescence pendant lesquelles je me passionnais pour Muriel Baptiste.
Le samedi 10 mars, Roger Pierre et Jean Marc Thibault avaient sur la seconde chaîne ORTF invité dans leur émission « Devine qui est derrière la porte » le chanteur breton Alan Stivell. Je ne le connaissais pas. Il chanta « Tri martolod » et l'air me plut immédiatement. J'avais cette chanson dans la tête et je décidai d'acheter le disque.
En 1972-73, j'étais en classe de quatrième. Je rentrais à midi et généralement regardais d'un ½il distrait Danièle Gilbert et son « Miditrente ». Les journaux télévisés ne m'intéressaient pas. Je terminais tôt mes cours le vendredi après midi (vers 15h00) mais ce ne fut pas le cas ce vendredi 16 mars. En effet, en quinze minutes, je rentrais facilement du collège pour regarder la série de la 2 (Pendant cette année scolaire : « Match contre la vie », « Le saint », « Chapeau melon et bottes de cuir »). Or, je n'ai pas vu le 1er épisode de « Chapeau melon » diffusé ce vendredi 16 mars : « Bons baisers de Vénus ». Il y eut certainement, comme cela arrivait parfois, un cours de rattrapage d'un professeur absent de 15 à 16 heures. J'ai découvert ce « Bons baisers de Vénus » en 1977 sous forme de film super 8 lorsqu'il fut disponible à la vente sous ce format peu pratique à dire vrai.
C'est donc vers 16 heures que je me rendis en ville décidé à acheter le 45 tours d'Alan Stivell. Il faut une vingtaine de minutes pour se rendre au centre ville. A cette époque se trouvait rue de l'église un immense disquaire et il fut facile de mettre la main sur le 45 tours.
En sortant avec mon disque à la main, j'avisais la vitrine du libraire en face. Ce n'était pourtant pas un endroit attrayant, une librairie assez austère, surtout portée sur les ouvrages de religion et que peu de jeunes fréquentaient.
Les six tomes des « Rois maudits » étaient en vente, disposés en vitrine trois par trois, le second au centre montrant la photo de Muriel Baptiste en couverture.
Ce sont des moments de la vie que l'on oublie pas, car j'étais certainement en train de penser à elle (le 16 mars, nous étions trois mois après la diffusion des « rois maudits » et un de celle des « risques du métier).
Malheureusement, le livre coûtait 28 francs, somme que je n'avais pas en poche. Télé Poche à l'époque coûtait 1 franc et 30 centimes pour donner un ordre d'idée.
Je restai un moment à bader devant la vitrine, le c½ur battant à rompre. Il me fallut attendre le lendemain pour revenir acheter ce précieux livre, qui représentait une grosse dépense pour mon budget à l'époque. Je précise que je possédais déjà en livre de poche « La reine étranglée » et n'ai acheté cette édition grand format Plon Del Duca que pour la photo de Muriel en couverture.
Muriel n'y est pourtant pas à son avantage, car cette photo la montre en gros plan dans les derniers instants de son personnage à Château Gaillard dans « La reine étranglée ».
Je revins chez moi fortement troublé. Le lendemain, c'était le 17 mars, jour de ma fête, la Saint Patrick, mais je ne pouvais demander ce cadeau à mes parents. Ma passion pour Muriel Baptiste était secrète.
Il n'y avait rien d'extraordinaire à regarder à la télévision ce vendredi soir là. Sur la 2, à 19h30, « Anna et le roi », série sympathique mais sans plus, avec Samantha Eggar et Yul Brynner, l'épisode s'intitulait « Education du prince héritier ». Je n'ai jamais revu cette série et me souviens seulement de la musique du générique et des claquements de main du roi joué par Brynner.
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# Posté le vendredi 19 janvier 2007 17:13